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I. Avant la réforme de Marius
L'armée romaine a subi de nombreuses transformations dans le temps. D'une part le recrutement a évolué, d'une armée où seuls les plus riches combattaient au début de la monarchie, l'on passe à une armée bien plus élargie à la fin de la monarchie (réforme de Servius Tullius), où les citoyens moins riches pouvaient également être appellés, même s'ils sont proportionnelement moins nombreux. C'est ainsi une armée de citoyens et non une armée "professionelle". De même les légions ont été elles mêmes réorganisées, passant d'une armée de type grecque avec ses phalanges à l'organisation qu'on lui connaîtra par la suite avec des soldats plus mobiles et plus polyvalents (enlevez la sarisse aux phalanges et elles se font dégommer, elles ne sont pas faites pour se battre avec des armes de taille). Cette réforme est généralement attribuée au Dictateur Camille, connu pour avoir sauvé Rome après son sac par Brennus. A. Une armée de citoyens Chaque citoyen romain devait le service militaire, le jus militae. Les citoyens sont réunis par groupes sur le champ de Mars... au mois de mars ! Ces groupes sont classés par ordre de richesse, on en comptabilise 193 en tout.Chacun de ces groupes doit pouvoir fournir assez d'hommes pour former une centurie (60 à 70 hommes). Les groupes ainsi constitués ne sont pas égaux de part leur effectif, les groupes des citoyens les plus riches sont bien moins fournis que ceux des citoyens plus pauvres, de ce fait les citoyens riches avaient statistiquement plus de chances de servir que les citoyens pauvres. Les citoyens devant servir sont tirés au sort. Les 18 groupes les plus riches forment la cavalerie puisque ce sont les seuls à pouvoir s'offrir une monture. Effactivement les citoyens devaient eux mêmes s'équiper. Il n'est ainsi pas compliqué de comprendre que les plus riches seront mieux équipés que les plus pauvres. Notez bien cependant que l'on utilise le terme de plus pauvres. En effet les citoyens pauvres n'ont pas les moyens de s'offrir un quelconque équipement, ils sont exemptés du service. Chaque citoyen peut ainsi servir 6 mois par an, les citoyens restants chez eux en hiver. Bien entendu en temps de guerre la mobilisation peut être plus longue, et surtout plus massive en mobilisant plusieurs centuries par groupe si nécessaire. Le recrutement prenait en compte tous les citoyens romains âgés de 17 à 60 ans, autrement dit l'armée peut si besoin est, se reconstituer rapidement du fait des réserves de soldats importantes. De 17 à 46 ans les citoyens forment les soldats actifs. De 47 à 60 ans ce sont des soldats considérés comme séniors, ils restent en réserve. (notez que j'utilise le terme de groupe pour ne pas embrouiller le tout, mais sachez que ce sont ces centuries civiques, à contrario des centuries militaires que ces centuries civiques doivent fournir). B. L'organisation des légions L'armée romaine est composée de légions. Chacune est découpée en centuries de 60 à 80 hommes. Deux centuries constituent une manipule. Trentes manipules constituent une légion. En somme grosso modo une légion fesait entre 4000 à 5000 hommes. L'armée est décomposée en 5 types de soldats, dont voici l'effectif type (à ne pas confondre avec l'équipe type les footeux ): - 1200 hastatis : ils forment la première ligne de contact. Ce sont les jeunes recrues. Leur but premier est de fatiguer et anéantir le plus possible l'ennemi avant de laisser la seconde ligne combattre. 10 manipules de 120 hommes. - 1200 principes : la seconde ligne, ce sont des soldats plus âgés, ayant déjà une certaine expérience du combat. C'est le noyau dur de la légion. Les deux premières lignes possèdent un javelot qu'ils peuvent lancer avant le contact avec l'ennemi. 10 manipules de 120 hommes. - 600 triariis : ce sont les soldats les plus âgés, les vétérans. Ils possédaient contrairement aux deux premières lignes une lance. Ils n'entraient en action qu'en cas d'échec des deux premières lignes (autrement dit pas très souvent ). 10 manipules de 60 hommes.- 1200 vélites : ils sont équipés de fronde ou de javelot, sans armure. Ils sont postés devant les hastatis afin de lancer leurs projectiles, et se replient derrière eux avant que l'ennemi n'entre au contact. Par la suite il ne sont envoyés au contact que si on a besoin de troupes quelque part, ils ne sont pas vraiment faits pour combattre, faute d'armure. - 300 cavaliers : ils sont situés sur les ailes. 150 de part et d'autre, par tourmes de 30 cavaliers (elles mêmes décomposées en 3 décuries) Voilà en gros ce que ça donne : A cela peuvent s'ajouter des auxiliaires, qui sont des soldats provenant d'alliés et vassaux de Rome. Ainsi l'armée romaine comportait 4 légions en temps de paix, et ce jusqu'à la fin du IIème siècle avant JC (jusqu'à la réforme de Marius en somme). Nombre qui pouvait rapidement exploser en temps de guerre avec par exemple 23 légions lors de la seconde guerre punique (ce qui constitue le record avant la réforme).
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II. Après la réforme de Marius
La réforme ne s'est pas faite du jour au lendemain, elle a commencé en -107 pour finir en -103. La réforme a pour auteur Marius qui combattait aux côtés de Metellus dont il sera l'adjoint dans le cadre de la guerre de Jugurtha (contre la Numidie). Il va acquérir dans ce cadre une forte popularité auprès de ses soldats, ces mêmes soldats qui vont véhiculer cette bonne image à travers Rome. Fort de cette popularité il va à la fois obtenir le commandement de l'armée dans le cadre de la guerre de Jugurtha, mais aussi être consul de manière ininterrompue de -106 à -101, ce qui constitue une exception non seulement du fait de l'enchaînement des magistratures, mais aussi du fait qu'à partir de -105 il fut élu in absentia, autrement dit sans se présenter à Rome lors des élections. C'est dans ce cadre que la réforme a été effectuée. La réforme se place à la fois au niveau du recrutement des soldats, mais aussi de l'organisation de l'armée. A. Une armée de volontaires Le recrutement désormais ne s'effectue plus par la levée de citoyens, mais par le volontariat, ainsi fini les tirages au sort au sein des centuries civiques. Mais en dehors du simple volontariat, celui-ci est ouvert à tous, fini donc le cens minimum requis pour servir dans l'armée. Désormais même les plus pauvres peuvent servir. Du armée de citoyen l'on passe donc à une armée de métier. Or avec armée de métier correspond une certaine durée de service. Ainsi le service durait 20 ans pour les citoyens romains, et 26 ans pour les auxiliaires. Vu que l'armée est accessible désormais aux plus pauvres, il faut bien les équiper, et c'est le commandant qui prend en charge de l'équipement de la légion. Désormais les soldats sont donc équipés par leur chef, percoivent la solde de leur chef, recoivent une part des butins des conflits, donc forcément les soldats sont fidèles à leur chef. Avant servant pour la République, et aux frais de la République (pour la solde) et à leur propre frais (équipement), les soldats défendaient avant tout leurs terres et n'avaient pas de liens aussi forts avec leurs commandants. C'est de cette manière que la République va considérablement évoluer, et même involontairement à terme mener à l'Empire. En effet les hommes sont fidèles à leur chef, au point de le suivre dans des aventures où personne ne l'aurait suivit auparavant (exemple de César marchant sur Rome), mais aussi les légions deviennent de plus en plus nombreuses, la limite étant la richesse personnelle de leur employeur (et l'autorité qui leur est conférée par le Sénat/comices mais bon ça hein ). Un chef ne pouvant subvenir aux besoins d'une armée qui se contente de gambader dans l'herbe, il a fallu aller chercher des fonds pour payer ses hommes, autrement dit par la conquête.Cela explique l'élan, qui bien que déjà particulièrement vigoureux, des conquêtes toujours plus nombreuses de Rome. Cela se stabilisera sous l'Empire, avec l'abaissement du nombre de légions (qui étaient d'environ 70 à 80 sous Octave et Marc Antoine !) et surtout la présence de plus qu'un seul commandant suprême : l'Empereur. B. L'homogéinisation de l'armée Puisque c'est désormais le commandant qui équipe ses troupes, il va les équiper de façon homogène, fini la distinction hastatis/principes/triariis, ne restent plus que les légionnaires. De même, auparavant les effectifs de la légion étaient variables, désormais une légion comporte un nombre fixe de 6000 hommes (enfin sur le papier... parce qu'après tout il faut déjà d'une part atteindre ce chiffre, mais surtout stabiliser celui-ci après les pertes au combat/désertions etc... donc 6000 est le chiffre idéal en somme). Désormais la légion est également subdivisée différement puisqu'elle comporte en effet 10 cohortes qui comportent elles mêmes 3 manipules qui comportent elles mêmes 2 centuries de 100 hommes chacunes. Résumons : 1 centurie = 100 hommes 1 manipule = 2 centuries = 200 hommes 1 cohorte = 3 manipules = 6 centuries = 600 hommes 1 légion = 10 cohortes = 30 manipules = 60 centuries = 6000 hommes Il reste néanmoins toujours 3 rangs, mais homogènes aussi bien par l'équipement que par l'âge. Notez bien que ces chiffres sont ceux de l'armée de César, la réforme de Marius elle utilisait 2 manipules dans une cohorte au lieu de 3. Alors que les manipules étaient la valeur tactique de base avant la réforme de Marius, après celle-ci ce sont les cohortes qui reprennent ce rôle. Aux 6000 légionnaires s'ajoutent encore 1200 vélites, et la cavalerie. Cavalerie par ailleurs qui sera délaissée par les citoyens romains, ce sont désormais les peuples alliés qui vont composer la cavalerie.
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III. La marine romaine
Ici il n'y a pas grand chose à dire... Rome a constituée sa première flotte uniquement lors de la première guerre punique avec l'aide des grecs du sud de l'Italie. Marins peu aguerris ils auront toutefois une innovation qui sera lourde de conséquence : le corbeau. Le corbeau est une sorte de passerelle que l'on balance sur le pont ennemi et s'y fiche à l'aide d'un croc. A partir de cette passerelle les marins romains avancent protégés de leurs imposants boucliers afin d'aborder le navire. Bien meilleurs combattants que marins, c'est cette innovation qui va permettre à Rome de connaître ses victoires navales, et consacrer sa domination sur les mers pour près d'un millénaire. Après l'imposante bataille d'Actium qui opposa Octave à Marc-Antoine, la marine romaine ne servira désormais guère plus -faut dire qu'elle ne servait pas tant que ça non plus avant- que de police des mers... tout simplement parce qu'il n'y avait plus personne d'autre que les romains en méditerrannée
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IV. La hiérarchie dans l'armée romaine
A. Les légions Le commandement suprême revient aux consuls qui selon les époques dirigaient soit les légions à tour de rôle (l'un commandait les légions, l'autre se chargeant des affaires courantes à Rome), soit chacun ayant deux légions (puisqu'il y avait 4 légions en temps de paix avant la réforme de Marius), ou bien encore ne dirigaient pas eux même les légions (notamment après la réforme de Marius). On peut aussi éventuellement distinguer l'Imperator, qui n'est en rien un grade mais une distinction accordée par les acclamations des troupes suite à une campagne victorieuse d'un commandant. Cela confère un énorme prestige, mais est aussi assez rare, seuls les plus grands commandants (et donc par extansion hommes d'Etat, les deux allaient de pairs à Rome, et d'autant plus sous la République) avaient droit à cet honneur. Comme on l'a vu les préteurs et promagistrats peuvent aussi commander une armée, et normalement un préteur n'était pas soumis hiérarchiquement au consul sur le terrain. Tous ces commandants peuvent déléguer des tâches à des légats, légats qui peuvent aller jusqu'à commander une légion, voire même plus (exemple de Labiénus, lieutenant de César, qui commandait les légions en Gaule lorsque César se rendait à Rome). Puis l'on retrouve les tribuns militaires, au nombre de 6 par légions, ils commandent par roulement. Ils sont soit élus par les comices, soit nommés par le commandant. Ensuite les centurions qui commandent les centuries. Le centurion le plus haut gradé commandait la cohorte, c'est le centurion primipile. Le centurion primipile était tout simplement le centurion de la première centurie de la cohorte, c'était la plus haute fonction atteignable pour un simple soldat. Ensuite il y a tout un tas de sous officiers, notamment l'optio, l'adjoint nommé par le centurion ainsi que des rôles aussi variés que les médecins ou musiciens. Enfin les simples soldats qui se décomposent en deux classes : la première était exempte de corvée, l'autre non. B. La cavalerie L'unité de base de la cavalerie est la décurie, soit 10 cavaliers, commandés par un décurion. Trois décuries forment une tourme dirigée par un préfet. C. La marine C'est la loi navale de -506 qui fonde une flotte permanente à Rome. Le commandement de la flotte est confiée à un navarque qui est nommé pour deux ans par les consuls. Néanmoins il reste sous le commandement des consuls qui seuls peuvent décider une délégation de l'Impérium en faveur du navarque. En temps de paix par contre il s'amuse à dégommer des pirates Bref tout ça pour dire qu'il ne sert à rien... Rome n'a pas réellement de flotte, celle-ci n'apparaîtra réellement qu'avec la première guerre punique. La flotte va donc un peu mieux s'organiser pendant cette première guerre punique. A la tête d'une escadre de navires se trouve le navarque. A la tête de chaque navire se trouve un triérarque. En réalité la flotte romaine était peu autonome car servait surtout de soutien aux troupes au sol, et donc sous commandement du "général" (je rappelle encore une fois qu'il n'y a pas de grade de général à Rome ).
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L'armée romaine dans le récit I. Sur le plan terrestre Concernant le commandement il n'y a pas grand chose à rajouter en dehors de ce que j'ai dis dans "les institutions dans le récit". Sur le plan de l'organisation militaire le jeu fonctionne par unité de X soldats. Et bien 5 unités dans le jeu équivaudront 1 légion tout simplement. En général une légion sera composée d'une unité d'hastati, une de principes, une de triarii, une de cavalerie et enfin une de vélite ou archer ou arme de siège. Ca c'est en général, mais sachant qu'il doit y avoir 2 fois moins de triarii que des autres unités, il y aura parfois un peu plus d'unités de cavalerie ou autre ![]() Du point de vue du combat et bien je reprendrais dans les grandes lignes la tactique romaine avec les trois rangs, les vélites devant avant le combat et qui se replient, et la cavalerie sur les ailes. Bref rien de très nouveau. Comme vous le savez l'on ne peut empiler plus de 20 unités ensembles... autrement dit un consul par exemple ne peut commander plus de 4 légions en même temps... bref il lui faudra de l'aide, donc parfois plusieurs armées se baladeront ensemble, aidant plus ou moins le consul selon si c'est un légat qui commande l'autre armée ou bien un autre magistrat (recherchant donc la gloire à son profit et n'étant pas soumis hiérarchiquement par le consul ).II. Sur le plan maritime A la tête des escadres il y aura donc un navarque, qui sera plus ou moins soumis aux consuls, par conséquent ils pourraient bien emm***** un pauvre préteur qui voudrait traverser la mer pour conquérir des territoires, bref il faudra être z'entil avec les consuls
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Acte I : Pyrrhus en Italie Rome n'étant encore cantonnée qu'au Latium, elle contrôle désormais toute l'Italie centrale en une vingtaine d'années suite aux guerres samnites. Une puissance qui s'est rapidement accrue mais dont le développement rapide pourrait également signifier sa fin. Rome avait passé un accord commercial avec les cités grecques d'Italie du sud, et notamment Tarente qui affirmera par la suite que Rome a violé celui-ci. La cité fera appel à l'ambitieux Roi d'Epire : Pyrrhus. Celui-ci ne rêve que de conquête et de réitérer des exploits dignes d'Alexandre le Grand. Il débarque alors à Tarente, prêt à partir à l'assaut de l'Italie dont la conquête lui semble aisée. C'est dans ce contexte que commence le récit, Rome avant de pouvoir rêver d'expansion devra chasser Pyrrhus d'Italie et soumettre les cités grecques d'Italie, et ainsi mettre un terme à cette Grande Grèce.
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III. La fin d'une époque
La mort de Leazus crée inévitablement un vide dans la République, vide que le Sénat devra rapidement combler avant que la Sicile n'ait encore envie de s'opposer à la puissance romaine vacillante. Le Sénat aura une réaction peu prévisible mais pas illogique, il va nommer propréteur quelqu'un qui pensait en avoir fini avec la vie politique : Rebornus. Nomination inattendue puisque Rebornus était tout sauf populaire. C'était justement ce que le Sénat désirait. Rebornus était un bon militaire et plutôt bon gestionnaire, ce qui lui serait fort utile en Sicile, province assez agitée. Le fait que Rebornus n'était pas réellement influent à Rome aidait le Sénat qui pouvait ainsi confier la province à quelqu'un qui aura moins d'ambition et moins d'appui politique que Leazus. Le Sénat met une fin aux plans d'invasions de la Corse et de la Sardaigne. En réalité tout ceci a été fait en sous main par Coelius qui voyait là le moyen de déstabiliser Trawnus en placant un proche à la propréture. Trawnus trop occupé en Illyrie n'a pas pu réagir... et puis même depuis la réforme, trop certain de sa force, il s'est isolé des autres magistrats. L'hégémonie de Trawnus au Sénat prend définitivement fin. Mais ce n'est guère que l'hégémonie qui se termine, Trawnus avec Chazamus à ses côtés reste de loin le plus influent de tous. Il faudrait un réel consensus de ses ennemis politiques pour bloquer ses actions. Mais pendant que Coelius cherche un moyen de trouver des soutiens afin d'arrêter la campagne en Illyrie, ou bien la mettre à son profit, Trawnus se fait attaquer par une imposante armée ennemie. Après avoir longtemps hésité Trawnus accepte finalement l'idée de se battre alors qu'il est en infériorité numérique écrasante ! Mais Trawnus n'avait pas pris en compte un autre élément : l'état de fatigue physique et moral de ses citoyens-soldats qui sont mobilisés depuis des années, et qui plus est dans le froid de ces contrées hostiles, alors qu'ils ne devraient plus servir dans les légions depuis 4 ans au moins ! Trawnus tente de profiter du terrain et se replie sur une petite colline, mais les troupes sont fébriles, elles doivent combattre un ennemi incroyablement nombreux dit-on, mais personne n'est en vue. Au froid déjà handicapant c'est la neige qui commence à tomber, et puis un faible brouillard se dessine, mais rien, il ne se passe absolument rien. Seule la Légio I Victoria semble tenir bon, les citoyens-soldats quant à eux ne sont pas rassurés, leurs boucliers tremblent, et les officiers savaient bien que le froid n'était pas le seul responsable. Ce long silence leur permit de réfléchir à ce qui les pousse à être là, pourquoi restent-ils ici ? Un soldat qui réfléchit trop n'est pas un soldat combattif, surtout quand le citoyen-soldat voit que Rome est désormais l'agresseur, et que ce n'est qu'une faible minorité qui va profiter de ce conflit : les patriciens. Alors qu'ils étaient perdus dans leurs pensées voilà qu'un bruit terrifiant retentit : des milliers d'hommes hurlants au loin, probablement dans les bois avoisinants la colline que l'on distingue à peine à travers le brouillard. Ces bruits achèvent le moral des derniers citoyens-soldats qui pensaient à leur famille, leur terres et leur rentrée prochaine pour se réconforter. Les hurlements semblent s'approcher de plus en plus et de légers points noirs semblent sortir enfin des bois et les cris s'intensifient. Mais le brouillard s'intensifie, rapidement, à tel point que les points noirs disparaissent alors que les cris se rapprochent. Alors que les citoyens-soldats, pris par la peur, peinent à trouver leur arme et à la sortir du fourreau, la légion de mercenaire semble imperturbable et fait la fierté de ses chefs. Mais si cela ne suffisait pas, l'orage commence à faire son apparition, son bruit sourd s'ajoute aux cris dévastateurs d'un ennemi à nouveau invisible. Les hurlements s'approchent doucements, très doucements, ce qui a un effet dévastateur sur les troupes déjà éprouvées. L'orage lui même, de plus en plus violent, semble se rapprocher. Trawnus très porté sur l'interprétation des augures ne vit pas là un bon signe pour lui et ses légions. Alors que la tension était à son paroxisme les points noirs apparaissent à nouveau, l'on sent l'ennemi à notre portée, tout comme l'orage. Et si les signes des dieux ne suffisaient pas encore, c'est maintenant la grêle qui fait son apparition, comme si Orcus et Pluton se préparaient à un festin. Les rangs ne tiennent bons que par la crainte de mourrir de la main d'un autre romain en cas de fuite, mais la combativité ne pourra pas être de la partie, les Dieux montrent bien là le destin qui attend les légions, et personne ne peut défier la volonté des dieux. Les points noirs d'abord difformes deviennent de plus en plus clairs et gros, l'ennemi est enfin là et nul ne sait ce qu'il va advenir de cette terrible journée. Au premier contact avec l'ennemi, certains terrifiés prennent déjà la fuite, personne ne semble être en état de pouvoir les en empêcher. Ceux qui sont déjà au contact combattent tels des désespérés promis à une mort certaine, seuls les mercenaires, fidèles à Trawnus, combattent vaillament, mais une seule légion ne suffira pas face à un ennemi qui dispose d'un nombre de soldats équivalents à 10 légions ! Trawnus lui même n'encourageait pas les troupes comme à l'accoutumée, certain que les dieux ne lui jouent un mauvais tour, ou pire, l'abandonnent ! Alors que la débâcle semble se rapprocher Chazamus tente par tous les moyens de déborder et d'aller tuer le général adverse. Rapidement l'ennemi perd tous ses gardes du corps, mais il parvient continuellement à échapper au préteur. Trawnus de son côté profondément atteint, et voyant que la victoire allait lui échapper, prit la tête de la cavalerie et charge l'ennemi. Trawnus inflige d'énormes pertes à l'ennemi alors que Chazamus poursuit toujours le général ennemi sans succès. Mais d'autres cris percent l'épais brouillard qui nous entoure, les illyriens recoivent en renfort le reste de leur armée ! Chazamus s'enfuit après que nombre de ses cavaliers soient tombés, quant à Trawnus il ne veut plus s'enfuir une nouvelle fois et revivre une traversée du désert telle qu'il a connu après sa défaite lors de la bataille de Messine. Il veut vaincre ou mourrir, c'est la seule façon pour lui de rester dans la postérité comme un vaillant combattant et non un lâche. Mais dans son acte désespéré Trawnus va suivre la voie de bien d'autres consuls avant lui et rejoindre Pluton dans son monde souterrain, le consul était tombé au combat ! Le peu de citoyens-soldats combattants encore au lieu de fuir perdent définitivement tout espoir, il ne reste guère plus que la légio I Victoria qui résiste. Mais cette résistance ne durera pas bien longtemps, ne voyant plus Trawnus tombé au combat, ni Chazamus qui a dû fuir devant le flot d'ennemi qui fondait sur lui, ceux-ci tentent de s'enfuir, la défaite est totale ! Seule une poignée de chanceux parviendra à rejoindre Aquileia en compagnie de Chazamus, la Ière légion est presque terrassée, quant aux IIème, IIIème et IVème légions, elles ne sont plus qu'un vieux souvenir : aucun citoyen-soldat ne parviendra à rentrer à Rome. Avec la mort de Trawnus c'est une page qui se tourne, la fin d'une époque qui a vu Rome atteindre une gloire que nul n'avait jamais encore espéré. Trawnus aura inspiré de nombreux jeunes romains fascinés par ses exploits si exotiques en Sicile et dans le nord sauvage, sa mort laisse un vide énorme à Rome. L'on dit aussi que le Tibre était devenu rouge, rouge comme le sang déversé par tant de romains ce jour-là. Rome a perdu ici beaucoup, mais cela laisse la place à quelqu'un qui a énormément gagné par opportunisme ces dernières années, et qui deviendra peut-être le nouveau maître de Rome : Coelius.
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Veni, vidi, loosi - Akmar Nibelung Dernière modification par Akmar Nibelung ; 10/09/2007 à 22h37. |
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#8
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IV. Le bras vengeur de Rome
La mort de Trawnus se propage partout dans la République à une vitesse inouïe, Coelius sitôt averti fonca en toute hâte à Rome laissant ses quatres légions sur place. La progression de Coelius était si rapide que la mort de Trawnus ne le précédait que de peu partout où il passait, il arrive à Rome où la rumeur se répand depuis quelques heures seulement sous la stupeur de la population. La mort de Trawnus arrangeait bien le jeune consul qui, s'étant déjà préparé à se rapprocher des autres hommes influents à Rome pour faire valoir ses vues face à celles de Trawnus, voit là l'opportunité de reprendre le flambeau de l'ex consul sans grande peine et sans rencontrer d'opposition. Coelius convoqua le Sénat au temple de Mars pour décider de la suite de la guerre et de la façon de combler le vide laissé par Trawnus. Le consul, bien qu'il ne l'avoua pas, songeait à devenir vu les circonstances, dictateur et ainsi éviter que quelqu'un ne vienne troubler ses desseins. Il n'était certes pas avide de pouvoir et de gloire comme l'était Trawnus, mais vu les circonstances particulières il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il était désormais le seul à pouvoir rétablir la situation alors que Rome est menacé à l'ouest par les gaulois et au nord par les germains qui sont effectuent déjà des pillages sans rencontrer de résistance aux alentours de Mediolanum et Jenuensis, et bien sûr à l'est avec des illyriens qui disposent d'une armée encore étonnement puissante. Le problème de Rome est aussi son armée : d'une part considérablement réduite et d'autre part pour les légions restantes -hormis celles bloquées à Malte- encore composée de citoyens-soldats. Coelius qui était pourtant farouchement opposé à la réforme de Trawnus verra dans la bataille de Segestica, devenue si rapidement presque mythique et même mystique, les limites de ces citoyens-soldats des IIème, IIIème et IVème légions face aux vaillants mercenaires de la Ière légion Victoria. Désormais la réforme ne sera plus discutée, et beaucoup encenseront même la clairvoyance de Trawnus. Le Sénat était enfin convoqué, personne ne savait comment allait se terminer cette journée, et comment se comporteraient les nombreux sénateurs qui soutenaient habituellement le défunt consul. La première partie de Coelius était de demander à pouvoir intervenir en Illyrie, ce qui lui a toujours été refusé jusqu'alors. Devant les circonstances le Sénat n'y refusa point, et ne vit surtout aucune raison de le faire. Coelius, respectueux et voulant s'attirer la sympathie des partisans de l'ancien consul, décrète devant l'approbation du Sénat un deuil public de 30 jours pour Trawnus. Une fois de plus la mesure est acceptée sans problème, même si le Sénat enjoint Coelius d'aller en Illyrie récupérer la dépouille de Trawnus et lui offrir une inhumation digne de son rang, espérant que les illyriens ne s'en soient pas déjà chargés eux-mêmes. La suite des évènements furent plus houleux et allaient entrer dans l'histoire, bien que déformés d'un historien à un autre, de siècle en siècle. Coelius pour ne pas froisser les sénateurs ne posa pas une question comme à l'accoutumée dont la réponse devait se limiter à un oui ou à un non, il prenait les sénateurs comme des sages auxquels il demandait conseil sur l'avenir politique de Rome, n'évoquant pas encore l'éventualité d'une dictature sous peine de choquer les sénateurs. Ces patriciens, seuls soutiens du consul, pourraient s'offusquer devant tant d'ambitions émanant d'un plébéien. Si l'idée était sage, la sagesse des sénateurs elle-même est sujette à discussion : les sénateurs en viendront à huer et railler ceux qui ont la parole, parfois même à s'insulter. La journée et donc la séance se termine ainsi, sans avancée majeure : si certains évoquent l'idée d'une dictature, d'autres sont pour une réélection d'un consul, ou encore d'autres pour en revenir aux tribuns militaires à pouvoir consulaire qui ont été supprimés il y a plus d'un siècle, ce qui permettra de placer autant de tribuns militaires qu'il n'y a de fronts, et ainsi ne pas être limité à un dictateur ou deux consuls. Mais rien ne semble décidé, le Sénat ne parvient pas à se mettre d'accord, la séance est reportée au lendemain. Fidèle à son austérité, Coelius se retire dans sa domus, sans chercher à organiser une quelconque festivité destinée à faire infléchir par les femmes et le vin les sénateurs les plus influents. Les rues de Rome elles-mêmes étaient étonnements paisibles, la plèbe attendait patiemment le dénouement de la situation sans encenser pourtant Coelius, censé être un des leurs. La ville semble comme pleurer en silence la mort de leur héros. Le lendemain la séance repris, et la discorde aussi. La situation semblait bloquée et Coelius semblait devoir en venir aux pires extrémités et ignorer le Sénat pour passer devant les comices qui déciderait de la marche à suivre... mais ferait définitivement perdre l'espoir d'une dictature que les assemblées ne sauraient créer. Alors que Coelius s'apprêtait à lever la séance un soldat entrait dans la salle, une caisse à la main. Essouflé, il s'arrête au beau milieu du lieu de réunion, pose la caisse et l'ouvre avant de reculer de plusieurs pas, horrifié. La boîte entièrement ouverte laisse apparaître sous les yeux des sénateurs et de Coelius stupéfaits, la tête et les mains de Trawnus ! Les sénateurs choqués laissent éclater leur fureur et fulminent les illyriens, de leur faire payer leur outrage ! Les cris de colères durèrent bien 10 minutes avant que le princeps senatus (le Prince du Sénat, le premier de la liste sénatorial, le premier à prendre la parole, et donc souvent le plus influent de tous), un proche de Trawnus, ne prenne la parole. Il lui semblait évident qu'il fallait faire payer aux barbares cette insulte proférée à Rome, et qu'aucune pitié ne devrait être accordée aux auteurs de cette ignominie. Seul un homme, dégagé de toute responsabilité et de toute contrainte d'autres magistrats, ne peut faire payer cet outrage. Par conséquent il propose que Coelius, pour lui rappeller sa condition de plébéien, ne soit pas appellé à devenir dictateur comme le veut la tradition, magistrature la plus haute de la République, fonction que les patriciens estiment être les seuls à pouvoir remplir, mais plutôt un prodictateur institué par les comices. Solution absolument unique à Rome ! Devant l'acte odieux des illyriens et l'influence du princeps senatus, le Sénat suit cette proposition tel un seul homme. (en réalité il y a déjà eu au moins un dictateur plébéien avant, ce qui avait provoqué un tollé au sein des patriciens qui fesaient tout pour tenter de le bloquer. Et concernant le prodictateur, il y en eu un lors de la seconde guerre punique après la bataille du lac de Trasimène. La raison de la nomination d'un prodictateur était simple : seuls les consuls peuvent nommer un dictateur après approbation du principe par le Sénat. Or l'un des consuls était tué lors de la bataille et l'autre était occupé. De sorte que l'on a dû se tourner vers les assemblées pour élire un prodictateur puisqu'ils ne peuvent créer les dictateurs. Le prodictateur a les mêmes pouvoirs que le dictateur et nomme lui aussi un maître de cavalerie) Ce sont les comices centuriates qui vont instituer Coelius prodictateur sans grand problème. Ces comices sont de toutes façon favorables aux patriciens et aux riches plébéiens, le reste du peuple n'a que peu l'occasion de s'exprimer. S'ouvrent désormais devant Coelius 5 années de prodictature où il devra repousser les envahisseurs et châtier les illyriens, et tout ceci avec des citoyens-soldats qui ont prouvé leurs limites à Segestica. Tâche difficile qui lui incombe, et qui devra être parfaitement accomplie s'il souhaite garder la confiance des patriciens, confiance qu'il n'a obtenu ici à défaut de mieux et grâce à des circonstances exceptionnelles... Certains n'hésitent d'ailleurs pas à appeller le nouveau prodictateur "Coelius Felix" (Coelius le chanceux, à qui tout réussit) par rapport à sa chance presque insolente. Coelius nomme Rebornus maître de cavalerie, officiellement pour qu'il ait tout pouvoir pour maintenir l'ordre en Sicile pendant la prodictature (d'ailleurs dans la réalité, à une exception près, les dictateurs ne pouvaient quitter la péninsule italienne, l'on craignait qu'ils ne prennent trop de pouvoir loin de Rome. En théorie donc Granpiedus, Trawnus, Curtisus, Rebornus et Coelius n'auraient pu/ne pourraient pas aller en Sicile ou en Illyrie). Mais en réalité la raison de cette nomination était de se protéger : Rebornus était un fidèle, et sans grande envergure politique pour l'instant, il ne risquait pas de créer des problèmes. Il préfère se distancer de Palpatus à la réputation un peu sulfureuse, et l'on ne mentionne même pas Chazamus qui n'est plus rien depuis la mort son mentor. Jmlus, n'étant pas un préteur ou ex-préteur n'aurait pu être maître de cavalerie -bien que Rome s'arrange toujours pour sortir de la légalité quand ça l'arrange, Coelius n'a aucun intérêt à froisser les patriciens, même si c'est pour nommer maître de cavalerie un jeune romain issu d'une grande famille-, ce qui l'arrangeait bien vu l'extravagance du personnage. Néanmoins Coelius s'est trouvé un soutien innatendu en la personne de Ricus, fils cadet de Leazus. Ricus a beau être le fils d'un de ses plus grands ennemis politiques, il n'en reste pas moins que Ricus a une personnalité intéressante qui pousse Coelius à chercher son appui. Ricus n'est en rien un extraordinaire gestionnaire, et encore moins un militaire aguerrit, il est plus porté par l'art oratoire qui lui a été enseigné par les grecs de Syracuse. Visiblement doué en la matière, il acquit en très peu de temps un excellent niveau, surtout comparé aux romains généralement peu portés sur la matière (ils le seront, mais un peu plus tard). Il acquiert par ses écrits et sa façon d'haranguer la foule une grande réputation qui ira même jusqu'à Rome. Il était évident pour Coelius d'avoir un homme de cette envergure avec soi plutôt que contre soi. Et puis avec l'héritage laissé par Leazus, Ricus était devenu très riche avec si peu de peines. Il fera petit à petit de Ricus son confident et son meilleur appui. D'ailleurs ce dernier devrait rejoindre le prodictateur lors de sa campagne dans le nord. Coelius s'apprête enfin à quitter la cité et à rejoindre ses légions restées près d'Arretium. Alors qu'il s'éloigne le ciel devient rougeâtre, même les pontifes sont partagés sur sa signification : cela symbolise t'il le sang des romains qui va couler ou bien celui des illyriens ? Luca Laevinus : fils cadet de Trawnus. Decimus Stertinius : fils de Sparfellus. Je ne pense pas qu'un des deux ait un quelconque intérêt pour l'histoire dans l'avenir, donc je ne donne pas de nom pour l'instant. Calcul de richesse des personnages : Coelius : Total précédent : 6000 Revenus réguliers : 2000 pour la prodictature + 4000 en revenus dû à l'origine sociale = 6000 Dépenses régulières : 5000 pour l'entretien des troupes = 5000 6000-5000 = 1000 X 2 = 2000 Dépenses irrégulières : 0 Revenus irréguliers : 0 Total : 6000+2000 = 8000 Palpatus : Total précédent : 1500 Revenus réguliers : 1000 pour la préture = 1000 Dépenses régulières : 1500 en festivités et luxures 1000-1500 = -500 X 2 = -1000 Dépenses irrégulières : 0 Revenus irréguliers : 1500 pour services rendus Total : 1500-1000 = 500+1500 = 2000 Chazamus : Total précédent : 3500 Revenus réguliers : 1000 pour la préture + 500 en revenus dû à l'origine sociale = 1500 Dépenses régulières : 380 pour l'entretien des troupes 1500-380 = 1120X2 = 2240 Dépenses irrégulières : 0 Revenus irréguliers : 0 3500+2240 = 5740 Rebornus : Total précédent : 2000 Revenus réguliers : 6050 pour la gestion de la Sicile + 500 de l'origine sociale = 6550 Dépenses régulières : 4400 pour l'entretien des troupes 6550-4400 = 2150X2 = 4300 Dépenses irrégulières : 0 Revenus irréguliers : 0 2000+4300 = 6300 Jmlus : Total précédent : 4000 Revenus réguliers : 3000 de l'origine sociale Dépenses régulières : 2000 en luxure 3000-2000 = 1000X2 = 2000 Dépenses irrégulières : 0 Revenus irréguliers : 0 2000+4000 = 6000 Ricus : Total précédent : 0 Revenus réguliers : 1000 de l'origine sociale Dépenses régulières : 0 1000X2 = 2000 Dépenses irrégulières : 0 Revenus irréguliers : 10.000 de l'héritage de Leazus 2000+10.000 = 12.000
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V. La réaction de Palpatus
Hiver -245/-244 Coelius a retenu la leçon de la bataille de Segestica, mais les circonstances et le temps l'imposent de partir en Illyrie à nouveau avec des citoyens-soldats, les derniers que connaîtra Rome probablement. Il va néanmoins engager le 3/4 de sa fortune personnelle pour recruter 3 légions de mercenaires, recrutement dont Ricus aura la charge avant de le rejoindre en campagne. Ces légions remplaceront les 3 légions disparues avec Trawnus en Illyrie, ce seront : La Légio II Cisalpinus La Légio III Ultor (vengeur) en référence à la mission qui lui a été confiée La Légio IV Illyricum Les sommes engagées, sans compter plus tard le ravitaillement des troupes, étaient colossales, et bien peu auraient pu se permettre une telle dépense sans passer par de lourds emprunts. Voilà la force de ces riches plébéiens ! Coelius va s'efforcer de repousser le plus vite possible les gaulois et les germains qui se sont imprudemment aventurés en Gaule cisalpine. Cette phase sera un réel succès tant par le résultat que par la vitesse à laquelle le prodictateur est parvenu à le réaliser. Le Sénat et le peuple sont rassurés de la tournure des évènements, mais le plus dur reste à venir. Mais pendant ce temps les illyriens ont le champ libre à l'est et en profitent pour assiéger la cité d'Aquileia faiblement défendue par Chazamus et ce qu'il reste de la Légio I Victoria. Plus au sud, Rebornus arrive enfin en Sicile et se retrouve confronté à l'éternelle contestation des peuples locaux, surtout dans une cité aussi imposante et surpeuplée que Syracuse. Devant ces mouvements qualifiés de rebelles, Rebornus agit non pas comme un administrateur mais comme un guerrier : il matte impitoyablement ceux qui osent se lever contre Rome. Il est désormais devenu fréquent de voir une poignée de légionnaires défiler dans les rues de la cité et effectuer des contrôles, souvent musclés, dès que l'envie des officiers se présente. Si Leazus n'était qu'un profiteur et Ricus simplement un excellent orateur, ils ne tapaient du poing sur la table que lorsque cela s'en fesait sentir, sans pour autant exercer une pression militaire continuelle sur la population, qui plus est laissé totalement à l'abandon de tout contrôle. Comme si le fait d'avoir la plus grande garnison de la République à Syracuse ne suffisait pas, Rebornus décide de doubler celle-ci pour matter définitivement ces rebelles. En réalité avec de telles méthodes le propréteur exhortait la population à faire l'inverse : la population devenait de plus en plus mécontente et seul le temps dirait ce qui se passerait dans la cité. Si Rebornus était haï à Syracuse, il n'exercait ces méthodes que dans cette cité, il semblerait que le reste de la Sicile ait retenu la leçon par le passé, même si la population n'était pas heureuse pour autant. Printemps -244 Syracuse est en émoi, la population excédée par les agissements du propréteur s'en prennent directement aux insignes du pouvoir de Rome dans la cité : les casernes et le palais du propréteur ! Les incidents tournent au réglement de compte : toute un régiment de légionnaires est pris en embuscade pendant leur ronde habituelle, les soldats sont atrocements tués. Alertés, tous les légionnaires se replient dans leurs casernes et devant le palais du propréteur qui vont vite devenir les cibles privilégiées. Alors qu'il n'y avait plus aucun soldat romain dans les rues de la cité, les réglements de compte commencent contre les familles romaines ainsi que les familles qui ont soutenu les occupants romains, des centaines de personnes seront froidement assassinées, des familles entières disparaissent. Vu la tournure des évènements Rebornus ordone que l'on repousse par la force ces contestataires : les légionnaires avancent par rangs serrés, glaive à la main, et transpercent quiconque s'interpose devant eux. La encore des centaines de morts seront à déplorer. Ces incidents dureront jusque la nuit tombée, après cela les descentes des légionnaires se feront de plus en plus fréquentes et virulentes : Rebornus est bien décidé à calmer la population par la force. Rebornus aura retenu au moins une chose de ces évènements : la foule, si elle était plus organisée et plus décidée, aurait pu prendre le contrôle de la cité et menacer la vie des soldats et la sienne. Le propréteur décidera de renforcer son palais et les casernes en entourant ces bâtiments d'un imposant mur et de solides grillages. Le grand forum devant le palais sera lui-même entouré de légionnaires : le centre de la cité devient une véritable place forte militaro-administrative. Pendant ce temps Coelius continue ses folles dépenses militaires en recrutant de nombreux cavaliers et en voulant offrir le meilleur équipement à ses nouvelles légions. L'on dit que Coelius a dilapidé toute sa fortune personnelle et qu'il en serait même venu à contracter des emprunts. Rumeurs qui paraissent folles quand on voit la richesse de sa famille que même la famille de Jmlus n'égale pas. Mais il en existe un autre qui effectue de folles dépenses : Palpatus. Il est déjà connu pour ses dépenses folles, mais là il va entreprendre des dépenses que nul n'a encore jamais effectué. Il va emprunter une somme faramineuse de 10.000 deniers qu'il va utiliser pour se faire connaître de tous dans la cité. Il va embellir les temples, mais surtout va utiliser comme sport un évènement apparut récemment comme rite funéraire pour les patriciens : les combats de gladiateurs. Ces combats apparurent pour la première fois il y a 10 ans et très rapidement leur utilisation se propage pour accompagner l'inhumation des riches patriciens. Mais Palpatus y voit là autre chose : un sport qui peut devenir particulièrement populaire. A cette fin il fait construire à Rome avec ses propres deniers -empruntés- une arène, certes petite et avec des gradins en bois, mais ce n'est qu'un début. Il construit également un petit édifice, jouxtant l'arène, censé servir d'école aux futurs combattants. Les débuts sont difficiles et Palpatus engage pour une petite durée des hommes libres pour combattre, généralement des latins. L'entreprise était risquée mais semble prometteuse, la foule semble apprécier ce genre de spectacle. Tous ces investissements, forts chers, notamment l'embellissement des temples de la cité, voire de quelques fontaines qui font leur apparition, donnaient à Palpatus une nouvelle popularité. La plèbe qui ne l'appréciait guère jusqu'à présent semble changer d'avis et voir en lui un bienfaiteur et le nomme même Palpatus constructor (le constructeur). Mais Palpatus ne fait pas ça par simple philantropie, mais pour se faire un nom et continuer à gravir les échelons politiques à Rome et ainsi se refaire une fortune plus tard. Le préteur s'est senti lésé, voire même trahi par Coelius qui a préféré Rebornus comme propréteur et maître de cavalerie alors qu'il semblait le plus apte à remplir ces fonctions. Comme il a pu le démontrer par le passé avec le vieil homme qu'il a su faire chanter après une dispute : il était fourbe et rancunier. Secrètement il va tenter de se rapprocher de tous ceux qui ne sont pas des proches de Coelius. Il va jouer sur la nouvelle popularité fulgurante d'un Coelius plébéien, doté d'une chance insolente et oubliant la préséance dûe aux patriciens. Jmlus, issu d'une grande famille aristocratique et déçu des dernières élections sera particulièrement sensible à ce discours. Les deux hommes vont être les pièces maîtresses d'un mouvement secret hostile au prodictateur. Palpatus étant issu de la plèbe, laisse le soin de faire croire à Jmlus qu'il est le maître à bord, qu'il n'est que son assistant vers une future gloire, et qu'il espère être récompensé de sa loyauté et son dévouement. Mais il n'en était rien : Jmlus était trop aveuglé par sa position sociale pour voir que c'est Palpatus qui habillement lui suggérer ce qu'il devait faire. Les deux hommes vont d'ailleurs trouver facilement un autre soutien : le fils cadet de Trawnus, Luca Laevinus Stratcomus. Celui-ci est encore très jeune et inexpérimenté. Palpatus va vouloir se servir de son nom prestigieux pour imposer plus tard ses vues et rappeller à tous que même le fils du grand Trawnus est à ses côtés. Jeune et innocent, Stratcomus deviendra un proche de Jmlus et Palpatus, convaincu (ou plutôt berné) que Coelius est à l'origine de la mort de son père en le laissant aller seul en Illyrie, et aussi que Coelius a trahi son père en s'opposant à lui lors des réformes. Palpatus va encore continuer d'imposer ses vues en secret à plusieurs hommes influents dans la cité. Son but n'est pas de s'opposer ouvertement au prodictateur, tout du moins pas encore : il prépare les prochaines élections dans 4 ans. Les Illyriens de leur côté continuent leur progression en s'attaquant à Aquileia. La cité est reprise sans trop de problème malgré la défense opiniâtre de Chazamus. Le préteur mourra lors de l'assaut, oublié de tous. Il n'aura connu qu'une gloire éphémère. Dommage pour se pauvre Chazamus qui n'aura pu être secouru à temps par le prodictateur qui se présentera devant la cité quelques semaines plus tard. L'ennemi ne semble d'ailleurs pas se laisser faire ainsi et réagit avant que le prodictateur n'ait le temps d'établir le siège de la cité. L'ennemi complètement désorganisé ne parviendra à rien, Coelius remporte là une victoire sans souci. Printemps -243 Un romain s'en va, un autre arrive : Splinterus, l'ex préteur, le dernier survivant de la génération Granpiedus, Trawnus et Leazus, meurt à son tour. Il n'a jamais été très reconnu de son temps, sauf peut-être dans sa cité de Capoue qu'il ne quittait jamais. C'est quelques jours après seulement qu'un jeune romain atteind enfin sa majorité : Numerius Curtius Yboomus, fils de Curtisus. Yboomus est un bon commandant, un peu à l'image de son père. Mais s'il est très charismatique aux yeux des soldats, il en va autrement de la politique dans laquelle il n'a absolument aucune notion. Il est aussi reconnu comme étant d'une beauté extraordinaire, tel Apollon il ne laissait aucune femme indifférente, même les plus vertueuses d'entre elles. Il était également quelqu'un d'intelligent, qui ne se laisse pas si facilement embobiner malgré son âge. Cela Palpatus l'avait bien compris alors qu'il essayait de se rapprocher du jeune Yboomus. Mais ce dernier n'était pas enclin à entrer pour l'instant sous l'influence de qui que ce soit. Ricus a enfin fini le recrutement des 3 légions de mercenaires de Coelius et s'apprête enfin à le rejoindre en campagne. D'ailleurs ce dernier reprend la cité d'Aquileia, et de la plus brutale des manières : il n'hésite pas à massacrer une partie de la population et livrer la cité au pillage des troupes. Coelius était bien là en partie pour venger Trawnus, mais Aquileia était sous contrôle romain lors de ces évènements, et la cité ne s'est jamais révoltée ! Certains disent que dépouiller ces morts et les pillages permettent d'entretenir une armée que la richesse d'un seul doit désormais entretenir. Sans la réforme de Trawnus ce massacre n'aurait peut-être pas eu lieu. Quoi qu'il en soit cet acte ne fera pas porter les romains dans le coeur des illyriens qui ne voient là que cruauté gratuite et sans fondement. Coelius ne s'attarde pas et part très rapidement vers Segestica, lieu qui a vu tomber le meilleur des romains.
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VI. La seconde bataille de Segestica
Coelius arrive dans la plaine où eu lieu le fameux massacre des 4 légions de Trawnus il y a deux ans. Le sol est encore jonché de pointes de pilums, de boucliers et de casques fendus, l'on réussit même à trouver quelques glaives oubliés par l'ennemi... mais l'on ne retrouve aucun corps de nos braves soldats, probablement les illyriens s'en sont ils occupés... espérons qu'ils n'aient pas fait de même avec eux qu'avec Trawnus... Mais une sorte d'aura morbide plane sur cette terre, bien peu acceuillante. Coelius décide d'aller quelques milles plus à l'est, dans un terrain plus favorable et surtout moins chargé par le passé. Mais visiblement l'ennemi était déterminé à accomplir à nouveau le même exploit qu'il y a deux ans. Segestica au loin. Quelques milles plus loin, alors que les légions en finissaient avec la traversée d'une vaste forêt, l'ennemi les attendait. Coelius pense d'abord rester aux abords de la forêt pour pouvoir surprendre l'ennemi. Mais il apprend par ses éclaireurs qu'une importante armée arrive par la forêt sur notre flanc droit (flèche bleue), le prodictateur est là dans une situation très délicate. Mais l'armée qui nous fait face ne semble pas vouloir attaquer directement et commence à se diriger elle-même vers la forêt. Il semblerait que les barbares aient décidé de se montrer fourbe. Pour se sortir de cette mauvaise situation Coelius tente le tout pour le tout en mettant ses légions en marche pour atteindre le sommet de la colline avoisinante. Mais l'ennemi un premier temps surpris fait demi-tour et fonce dans notre direction. Le prodictateur pour éviter d'être rejoint et attaqué dans le dos fait accélérer la cadence, il épuise ses légionnaires déjà si lourdement chargés, ses officiers estiment la manoeuvre suicidaire. La manoeuvre réussit, mais les soldats sont essouflés et il leur faudra encore se battre ! Coelius qui mettait d'abord en place deux lignes va finalement étirer ses légions pour ne former plus qu'une seule ligne face à un ennemi trop nombreux. Il n'y a désormais plus rien à faire si ce n'est qu'attendre et combattre sur place. Mot d'ordre : tenir la position. Alors que la seconde armée sort à peine de la forêt, la première décide d'attaquer immédiatement, certaine de sa force. L'adversaire tente à maintes reprises de nous déborder sur les côtés, mais sans succès pour l'instant. Néanmoins les illyriens semblent avoir décidé de concentrer leurs efforts sur notre flanc droit qui va vite être submergé par l'ennemi. Alors que le centre résiste vaillement et pousse l'ennemi à se replier, notre flanc droit est sérieusement mis à mal avec 4 cohortes presque entièrement perdues. La seconde armée avance encore et semble vouloir concentrer tous ses efforts sur notre point faible : le flanc droit. Néanmoins le centre adverse ayant lâché, la seconde armée est contrainte de manoeuvrer pour attaquer finalement notre centre et fixer nos positions. Mais le mal à droite est fait et l'ennemi en surnombre continue de progresser. Devant le danger important Coelius va lui-même mener la charge pour tenter de dégager sa droite. Alors que l'ennemi est nombreux il parvient à faire replier une partie de ceux-ci, donnant de l'air à nos soldats submergés. Mais Coelius semble ne pas vouloir s'arrêter là et poursuit son effort. Pour ceux qui n'ont pas la bonne idée de se replier, c'est la mort qui les attend : la charge du prodictateur est irrésistible. Le résultat est incroyable : la cavalerie romaine ne subit que peu de pertes alors que l'adversaire pourtant nombreux en ce point est complètement repoussé. En perdant leur avantage sur notre côté droit l'ennemi perd la bataille, et plus rien n'arrête Coelius qui charge tout ennemi qu'il trouve. Poussé par cette incroyable victoire il parvient même à rattraper le général ennemi en fuite et en finir avec lui. La victoire romaine est écrasante ! Les officiers étaient sceptiques sur l'idée de presser les troupes pour atteindre le haut d'une colline, mais visiblement l'idée a payé. Cette incroyable victoire vaudra une acclamation d'imperator à Coelius ! Peu après c'est la cité de Segestica qui va tomber entre les mains du prodictateur, il récupère là les emblêmes des légions de Trawnus capturées par les illyriens et les expédie à Rome, pour prouver son incroyable succès. La violence de la prise de la cité ne sera sans commune mesure avec celle d'Aquileia : tous les hommes en âge de combattre sont impitoyablements massacrés, les femmes qui osent s'interposer aussi. Quant aux enfants des familles nobles de la cité, ils seront envoyés à Rome pour en faire de parfaits romains avant de les renvoyer sur leur terre natale qu'ils se chargeront de romaniser eux-même. Le pillage quand à lui est important, les soldats ne laisseront aux habitants restants que les moyens de subsistances... et encore... Le butin amassé est très important, jamais Rome n'aura amassé autant d'or après une victoire. Si Coelius garde une grande partie du butin pour lui et ses hommes, il en expédie une quantité suffisante à Rome. Ses victoires et ses gestes de philantropies lui vaudront le plus grand respect des sénateurs, et même la plèbe commence à changer petit à petit d'avis sur son sujet.
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